La disparition de Lyhanna, au printemps 2026, a provoqué une vive émotion dans l’opinion publique. Aux yeux du Président de la République, les causes à l’origine de ce drame ont d’abord trait à « une question de réponse, de fermeté, d’organisation et de responsabilité » et non pas aux moyens alloués à l’institution judiciaire.
Cette affaire mérite l’attention du législateur dans la mesure où elle illustre un enchaînement de plusieurs défaillances systémiques présentes tout au long de la chaîne pénale, et ce depuis des dizaines d’années.
Nous revenons ici sur l’affaire elle-même afin d’illustrer, point par point, chacune des défaillances identifiées, leur impact sur le traitement du dossier Lyhanna, et la manière dont elles ont conduit au résultat tragique que nous connaissons.
Ces quatre défaillances, largement documentées dans notre étude sur la justice pénale intitulée Délais, réponse pénale dégradée, suroccupation carcérale et récidive : les quatre symptômes d’une justice pénale en faillite, trouvent dans cette affaire une confirmation aussi rigoureuse que dramatique.
– Rendre la justice au peuple français : rétablissement de juges de paix pour les petits litiges, recrutement diversifié (3e concours porté à 15 % de la promotion de l’ENM), scolarité réalisée pour moitié hors les murs et CSM citoyen à majorité non-magistrate.
– Réarmer la chaîne pénale : 12 000 magistrats d’ici 2035 avec une ENM triplée, fin des vacances judiciaires (103 jours sans audience aujourd’hui) par un roulement assurant la continuité tout au long de l’année.
– Rétablir la peine : fin des remises de peine automatiques, peines courtes dès la première infraction et « choc carcéral » de 50 000 places nettes en cinq ans (immobilier militaire, prisons modulaires), avec travail en prison obligatoire.
– Simplifier les procédures : grand nettoyage pénal (−50 % d’incriminations d’ici 2030), épuration du régime des nullités et frein constitutionnel « une infraction créée, deux abrogées ».
– Sortir de la préhistoire numérique : IA souveraine au tribunal dès 2027 (synthèse, retranscription, recherche) et formation extensive de tout le personnel judiciaire aux outils.
– Donner les moyens d’une justice efficace : porter le budget de la justice à la moyenne européenne (+50 % pour la justice) via une trajectoire pluriannuelle sanctuarisée, à l’abri des gels et annulations.
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